PUBLISHERS & AUTHORS
DANS LE MIROIR DES MOTS
In the Mirror of Words
L’EDITEUR HANS SCHILER

(Allemagne)




Je représente une maison d'édition allemande généraliste, H.SCHILER VERLAG, ni trop grande ni trop petite, ayant un siège à Berlin et un autre à Tübingen.
Dans les années 80, à l'époque où l'on commençait à publier de la poésie, j'ai souvent entendu, qu'un tel projet serait trop risqué, que le marché de la poésie n'existerait pas vraiment, qu'il y aurait très peu de lecteurs de poésie en Allemagne et que les grandes maisons d'édition en publieraient de moins en moins.
Le début, comme tout début, n'était pas chose facile. Mais avec le temps, avec patience et persévérance, la réalité se montrait différente, variée.
J'ai commencé à publier des auteurs plurilingues, dont l'allemand n'était pas leur langue maternelle, mais qui voulaient de tout leur cœur écrire en allemand, l'allemand devenant ainsi la langue d'expression littéraire. Ils représentaient un grand enrichissement littéraire pour l’espace culturel de la langue allemande, enrichissement au niveau de la thématique de leurs poèmes, ainsi qu’au niveau du rythme poétique. Ils proposaient une nouvelle manière de jouer et penser avec la langue, une nouvelle façon d’inventer d’autres symboles et de forger des nouveaux sens pour des mots oubliés.
La langue française, en tant que langue de circulation universelle, jouit d’une magnifique influence dans le monde depuis longtemps. De nos jours, cela se perpétue merveilleusement, grâce à la francophonie et aux auteurs francophones.
En ce qui concerne la langue allemande, son épanouissement culturel fut possible et il est devenu un phénomène plus récent après l'immigration des années 60.
Et il a fallu toute une génération pour que ces auteurs immigrés et leurs littératures soient reconnus comme littérature allemande. Souvent ils étaient découverts seulement par la germanistique en dehors de l'Allemagne.
Un des premiers poètes parmi ceux qui sont nés hors de l’Allemagne, qui s’est installé en Allemagne et s’exprime en allemand, et que notre maison a publié, est José F.A.Oliver, poète et écrivain de qualité.

Ses parents ont immigré de
l'Andalousie à Hausach, une petite ville industrielle, en Forêt Noire, où José
Oliver vit et écrit encore, et où il a
créé il y a
15 ans, le
festival „Leselenz“, un important festival littéraire
qui
a lieu chaque année, un festival de lectures poétiques et de performances
lyriques.
Les visiteurs et les habitants peuvent voir lors de ces journées festivalières, les drapeaux de ce festival au bord de la route principale de la ville. C’est si encourageant… A noter que ce festival est financé par les commerçants et les entrepreneurs de la même ville. Ils deviennent les sponsors du festival, à tour de rôle. Ils prennent en charge les voyages, les interventions et l’hébergement des poètes.
Les cinq premiers livres de José F A Oliver furent publiés par notre maison d’édition. Notre politique éditoriale est de publier de la littérature qui tienne la route, de bons auteurs, des auteurs modernes, dynamiques, des textes et des livres qu'on aime lire aujourd'hui mais qu’on aimera aussi dans dix ans ou bien plus tard. Et comme éditeurs, nous exposons et nous gardons ces livres sur le marché du livre allemand et étranger, nous refusons les soldes et le pilon !
José Oliver a réussi pleinement son chemin de poète, il a gagné ses lecteurs, au cours des années, grâce à ses interventions en public. Souvent accompagné d’un guitariste ou jouant de sa propre guitare, il a obtenu un public de lecteurs fidèles. Découvert par la critique littéraire allemande, il a finalement obtenu d’excellents prix littéraires - comme d'autres auteurs que nous avons soutenus à leurs débuts.
Aujourd'hui, José F A Oliver compte parmi les premiers poètes d’Allemagne et il est publié en ce moment par la célèbre maison d'éditions Suhrkamp.
Dernièrement, en Allemagne et en Europe, la poésie s’est avérée capable de gagner de nouveaux lecteurs. Oui, la poésie peut encore émouvoir notre société, une société basée sur la vitesse et sur le manque de temps. La poésie est à même de créer des moments de silence, de pause, de réflexion et d'interrompre le vacarme et la vitesse de notre quotidien.
Un poème écrit, noté sur les murs d’une station de métro, dans un bus ou dans un tram, peut par de simples panneaux d’affichage ou une belle publicité, inviter à réfléchir et lutter contre l'appauvrissement quotidien, celui de la langue et de la culture.
La poésie est capable de collaborer, d’échanger et de construire un monde meilleur : de paix et d’équilibre, en étroite liaison avec d'autres formes d'expression de l'art. Elle peut facilement s’allier à la musique, ou à la peinture, par exemple.
NOS AUTEURS ARABES

A part les auteurs plurilingues, notre maison d’édition s’intéresse également aux poètes internationaux, aux poètes importants, et portent une attention spéciale aux traductions de l'arabe. On s’intéresse à ces auteurs arabes modernes qui ont rompu avec la poésie traditionnelle et qui libèrent la langue, la pensée et le rythme d’Orphée: Badr Shakir as-Sayyab, Unsi Al-Hadj, Saadi Yusuf, Abd el Wahhab Al-Bayyati, Sargon Boulus, et dernièrement, le bien connu Mahmud Darwish.
On a publié Saif ar-Rahbi, le grand poète d'Oman, pour la première fois dans une traduction allemande. Girgis Shoukry représente la jeune littérature égyptienne et une poésie entièrement innovatrice en arabe, loin du réalisme, une poésie qui nous transmet beaucoup de sujets de la vie quotidienne, et qui nous fait découvrir l'absurdité d'une société autoritaire.
Presque toutes ces traductions sont publiées par nous-mêmes, en édition bilingue.
Les auteurs de langue française jouent également un rôle important dans notre maison d’édition. Ainsi, nous avons publié la totalité de l’œuvre de Georges Chehadé, de Poésie I à VII. Il existe en France une édition de Poésie I à VI, Poésie VII étant publiée uniquement en édition posthume au Liban.
Parmis les auteurs francophones citons la poétesse libanaise Nadja Tuéni et l'algérien Habib Tengour, avec le livre „Seelenperlmutt“ (« la Nacre à l'âme », paru en 2009), un choix de son œuvre poétique. Au printemps 2012, nous ferons paraître un deuxième livre de poésie de cet auteur.
En prose nous avons publié deux romans d'Alexandre Najjar et – une première en Allemagne-, nous avons édité un roman de l'auteur canadien d'origine irakienne Naim Kattan, Farida.
Farida est une chanteuse juive irakienne. L’histoire de son roman se passe à Bagdad dans les années 40 et traite l'ambiance anti-juive en Irak de l'époque, décrivant les rapports des nationalistes arabes avec et contre l'Angleterre et surtout avec le socialisme nationaliste allemand.
Et parmi tous nos poètes, nous avons aussi,

Rodica Draghincescu.
Rodica est une auteure bilingue qui ces dernières onze années, est devenue une auteure francophone. Elle a eu des bourses et des stages littéraires en Allemagne, à Stuttgart – à la Maison des écrivains et à l’Académie internationale Solitude - et quatre de ses livres sont déjà parus en Allemagne dans les maisons d'édition Solitude et POP. C'est à partir de ces publications, que j'ai découvert et apprécié sa poésie, une lyrique très moderne, unique, mais qui ne se perd jamais dans cette modernité et qui reste toujours compréhensible, accessible au lecteur. Je suis très content d'avoir pu publier son dernier recueil de poèmes

"Sag nie wieder"/ « Ne dis jamais encore », traduit du français par Rüdiger Fischer.
Sans un bon traducteur, qui fasse preuve d'une grande sensibilité littéraire et de la maîtrise des deux langues, la poésie transférée dans d'autres langues et cultures ne peut jamais atteindre son but, et a très peu de chance de toucher ses lecteurs. C'est une grande chance que Rüdiger Fischer soit un tel traducteur, et qu’il ait réussi à transmette l’espièglerie philosophique des jeux de mots et de pensées, une caractéristique de la non-conformiste de Rodica Draghincescu dans le lyrisme de la langue allemande. Et l'auteur, parlant elle-même l'allemand, pouvait diriger, contrôler et mieux sentir si la traduction avait touché son but, si la version allemande respectait l’essentiel. Rodica a pu communiquer avec son traducteur et ils ont su trouver un langage poétique pour une traduction adéquate.
"Sag nie wieder" , représente un choix de différents poèmes et de textes poétiques écrits durant les dix dernières années sur le territoire allemand mais aussi bien des textes conçus sur le territoire français, et traduits du français par monsieur Fischer.
Pour l'année prochaine, on a prévu la sortie d’un deuxième livre de Rodica Draghincescu, « Zâna dracilor »/« La fée des diables », cette fois-ci un roman, un livre qui sera traduit de la langue roumaine par Eva Ruth Wemme, car Rodica Draghincescu écrit, comme vous le savez, des romans en roumain, et de la poésie, en français.
A part ses textes d’auteure, je voudrais rajouter un petit mot d’éditeur-rédacteur pour l’Allemagne, sur ce magazine culturel multilingue Levure littéraire qui est dirigé par Rodica. Levure littéraire, c’est une jeune revue de culture et d’informations littéraires, et surtout de performances (littérature, peinture, musiques, philosophie, sociologies, etc) en ligne, destinée aux passionnés de poésies, chants, peintures, photographies, et d’autres disciplines.
Vous pouvez lire, entre beaucoup d'autres auteurs du monde entier, des textes en traduction française de quelques auteurs comme le mentionné José F. A. Oliver ou comme Hasan Özdemir, un autre auteur que nous avons publié.
Pour une maison d'édition ouverte à la nouveauté, comme la nôtre, ce portail littéraire nous donne l’occasion de faire connaissance avec des auteurs étrangers, nous offre la possibilité de lire et de découvrir des textes d'auteurs provenant de différents pays, de se laisser inspirer, guider, charmer.
Personnellement, je suis convaincu que ce site sert à mettre en contact des auteurs, des lecteurs, des traducteurs et des éditeurs.
Je vous invite à le découvrir vous-mêmes :
