Claude Ber & Frédérique Wolf-Michaux

  

 

 

VIDEO-POESIE-POETRY

 

(France)

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui reste parfois je l'appelle poème
car toujours le poème n'est que
ce qui reste une fois que

 

Claude Ber

 

 

 

 

 

 

Lecture performance  avec l’auteur-compositeur-interprète-poète-acteur-actant FRÉDÉRIQUE WOLF-MICHAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECITAL CLAUDE BER ET FRÉDÉRIQUE WOLF-MICHAUX 2009 :

1e  PARTIE DU FILM :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECITAL CLAUDE BER ET FRÉDÉRIQUE WOLF-MICHAUX 2009 :

2e  PARTIE DU FILM :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Photo : Marie-Pierre Florenson

 

 

 

 

  

 

 

 

RECITAL CLAUDE BER ET FRÉDÉRIQUE WOLF-MICHAUX 2009 :

3e  PARTIE DU FILM :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ainsi des bribes


ainsi des bribes
reste de
et mon langage - ou le poème - de même
tendu aux temps doubles du passé et de l'avenir
retranché du présent
de même que moi retranchée, tranchée deux fois
demeurant aux trous ouverts de la bouche du sexe et de la tombe

ainsi des moments de croyance à la lisière de la certitude
dans l'intimidation douloureuse de la pensée
d'une parole faisant péché de la pensée
moi disant dedans entêtée acharnée
Gedanken ist frei Gedanken ist frei Gedanken ist frei
tel un mantra pour que ne soit aucunement jamais débusquée ma pensée
je pensais
retranchée, tranchée deux fois pour que ne soit empêchée ma pensée

ainsi tel un apaisement dans l'hystérie de l'arasement de la pensée
parlant muet parlant silence pensant silence
sans chercher à trancher
de toute façon retranchée, tranchée deux fois
sans coutelas pour tailler découper diviser
- à peine un terreau de lèvres ébréchées -
moi qui suis de toute façon retranchée, tranchée deux fois
laissant être ce qui est multiplement dans l'indivis de la pensée
moi tranchée retranchée tant de fois soustraite
de moi de tant soustraite
je parle sans parce que pas de
là bas où rien et encore trop ce rien
comme chantant obstinément à voix absente
en mots réduits à l'ordre du silence
les joignant nous joignant
en ce qui balbutie

II-

anamorphose

de nouveau vacillement de nouveau incertitude
ou encore anamorphose comme
une folie de la raison et une raison de la folie dans l'ombre portée de l'une sur l'autre
dans ce qui les courbe mathématiquement l'une vers l'autre
de nouveau mort et vie raison et folie abouchées l'une à l'autre et cette anamorphose de l'esprit ployé à l'autre de lui-même
alors que familières intimes sont mort et vie raison et folie
ou encore voisines et habituelles - nous tous habitués à elles -
mais la jeune femme dansante heureuse dans l'insouciance se tétanise de soubresauts

de nouveau mourant la mort et affolée la folie et vivante la vie
dans cela qui peut être inhumainement l'horreur ou encore humainement l'horreur
qui est inhumainement l'humain
humainement l'inhumain
humainement inhumainement extase et horreur
dans cet à peine de parole comme
la ligne tendue d' une parole étrangère à la parole
sur ce fil de nouveau sur ce fil je peine à tenir
tombant
dans ce lieu sans tombée qu'est le dégringolé de la parole

de nouveau la mort qui fait de toute forme habitacle
et d'un redent de ciel la caverne qui couve anguilles murènes aspics de connaissance - dont se paye le prix sans proportion au gain -
de nouveau la folie qui fait de toute forme l'exorbité de la forme comme
des yeux voyant des quarks ou des talons posés - prudemment car si déroutés - dans les ondulations de Rieman ou de Lobatchevsky
ou encore quand se dévident langues et espaces à rebours d'eux-mêmes
je pile dans un mortier mort et folie en même temps que peur et douleur plénitude et jouissance
et cette pâte ou encore terre pétrie de vivants et de morts ou encore argile originelle
est une manne à la trachée
une hostie à l'urne des avalants
de nouveau et encore
dans ma bouche la parole


 

Poèmes extraits de « LA MORT N’EST JAMAIS COMME »

 

 

 

 

 

 

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 Claude Ber, née à Nice, vit à Paris. Poète, auteur dramatique. Parmi ses publications en poésie: La Mort n’est jamais comme (Prix International de poésie Ivan Goll), L’Inachevé de soi (peintures P. Dubrunquez), Méditations de lieux (photographies d’Adrienne Arth), Sinon la Transparence, Éd. de l’Amandier, Vues de vaches (photographies C. Derouineau) Éd. de l’Amourier, Le livre, la table, la lampe Ed. le Grand Incendie, Lieu des Epars, Ed. Gallimard. En théâtre : La Prima Donna  suivi de L’Auteurdutexte, Orphée Market Éd. de l’Amandier. A cela s’ajoutent livres d’artistes (Estampillé, Boites noires Ed. Transignum, A l'angle, dessins de Serge Chamchinov etc.), ouvrages collectifs (Le livre pauvre, Ed. Gallimard, La sagesse, Ed. Autrement, Aux passeurs de poèmes Ed. CNDP/Le printemps des poètes, Burqa ? Ed. le Chèvre Feuille Etoilée etc) et catalogues d’art. Présente dans de multiples revues, sites et anthologies (Couleurs femmes éd. Le Castor astral, Métamorphoses, L’Année Poétique 2008 et Anthologie Poésie de langue française Ed. Séghers, etc), C. Ber donne de nombreuses lectures et conférences en France et à l’Etranger (festivals de poésie, universités etc.) rassemblées dans Libres paroles Ed. le Chèvre Feuille Etoilée. Agrégée de Lettres, elle a enseigné les lettres et la philosophie en lycée et en université puis occupé des fonctions académiques et nationales, et intervient actuellement à Sciences Po. et à la Sorbonne. Membre de nombreuses associations, présidente du Jury Forum Femmes Méditerranée, elle joint à sa création littéraire des actions dans les domaines de la culture, de la défense des droits des femmes et des droits humains. L’ensemble de son écriture « considérable par son unité d’inspiration comme par sa richesse lucide » (Marie Claire Bancquart, Autre Sud n°42) et son parcours lui ont valu d’être décorée de la Légion d’Honneur.

 

 

Site de Claude Ber : www.claude-ber.org

 

 

 

 

Site de Frédérique Wolf-Michaux : http://www.fwm-lukm.com/